Madagascar et la green attitude

 

Où en sommes-nous depuis 2010 où j’avais écris un post sur ce sujet…

Aux yeux du malgache lambda, ces termes peuvent paraître un peu abstrait. On peut ne pas toujours se sentir concerné quand on lutte au quotidien pour survivre, mais demain nous appartient et il n’est que le résultat de nos actions d’aujourd’hui.

J’ai moi-même développé ma conscience « écologique » en France. Ce qui nécessite quelques petites explications…

Quand je vivais à Madagascar et que (par exemple) j’allais à la campagne avec mon père, cueillir des avocats, des mangues, des nèfles etc…me paraissait normal. Quand nous discutions avec les paysans agriculteurs du village qui nous montraient leur récolte de riz, de brèdes ou de patates douces, acheter auprès d’eux était commun et il n’y avait pas de labellisation ou d’étiquette à mettre dessus, c’était comme çà, point. Dans ma tête de gosse, c’était la norme. Vous pouvez imaginer l’atterrissage en France notamment quand je débarque chez un marchand de fruits et légumes et que je commence à sniffer une pomme toute brillante mais qui n’a aucune d’odeur ! Heureusement il y avait les maraîchers bios ! Avec eux j’ai pu retrouver cette joie simple de manger des fruits de saison qui sont goûteux.

kobancha fruits exotiques madagascar

Fruits de Madagascar
© seheno a.

Écolo or not écolo…

 

On parle beaucoup dans les médias de l’écologie, du bio, du développement durable. Vous trouvez que c’est trop? Pour une fois je trouve que c’est nécessaire, pour que nous comprenions ce qui est en jeu. Et au vu des différents scandales liés à l’industrie agro-alimentaire entre autres, il est temps de prendre acte. Au final le choix est entre nos mains. Beaucoup de firmes multinationales reculent toujours l’échéance de leurs engagements écologiques, entre temps ils continuent à polluer comme si de rien n’était…

Certes il n’y a pas de monde parfait mais si on peut éviter de s’empoisonner plus et d’empoisonner nos enfants avec, la terre nous remerciera et les générations futures aussi.

La première fois que j’ai vu la canette verte de Coca-Cola life ou de son concurrent Pepsi je m’étais arrêtée pour lire ce qu’il y avait dedans. Je ne vais pas parler ici des effets de la (sur) consommation de sodas, ce n’est pas le propos et je crois que tout le monde est maintenant au courant des conséquences. Dans ces vertes bouteilles, ils mettent donc bien en avant la présence d’édulcorant « naturel » dans les ingrédients. Je m’étais demandée comment croire que c’étaient des produits « verts» ou « naturels » même si c’est à base de stévia puisqu’il faut rajouter…du sucre pour masquer le goût réglisse de la stévia ! Il ne manque plus que la mention boisson saine et le tour est joué, n’est-ce pas?

Hellville, Nosy Be – © seheno a.

Madagascar si riche et pourtant…

 

À Madagascar les préoccupations quotidiennes sont bien loin de toute cette agitation et pourtant les sodas et les jus importés (ou pas) commencent à arriver sur les tables des ménages. Il n’y a pas encore de mal bouffe avérée (plutôt malnutrition) mais la situation est-elle bien différente ? La globalisation avec ses lots de misères et de (pseudo) bienfaits frappe à la porte. Et qu’en est-il des produits d’origines non contrôlés qui inondent le marché? Exemple: les maquillages.

Une des réserves de la biodiversité mondiale, une terre riche où tout pousse et paradoxalement un des pays les plus pauvre au monde. J’ai envie de crier « non mais t’es sérieux là» ?? On peut donc avoir autant de richesse et avoir la majeure partie de la population qui crève la dalle. Je sais, nous malgaches n’aimons pas beaucoup être catalogués “pauvres” mais la réalité est là malheureusement. Et pour changer j’aimerais dire à qui profite la pauvreté??

Accaparement des terres, déforestation, culture sur brûlis, trafic des ressources naturelles, concession douteuse et j’en passe…

Il n’est pas facile d’être un défenseur de l’environnement à Madagascar, le climat politique n’arrangeant pas la situation…

Parfois nous ne voyons pas le trésor qui est devant nos yeux et nous sommes choqués quand ce sont les autres qui en jouissent. Mais comme dit ce proverbe indien :

“Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée, le dernier poisson pêché, alors vous découvrirez que l’argent ne se mange pas”

Madagascar Kobancha Andasibe Forêt

Forêt primaire Andasibe
© seheno a.

Paradis vert !

 

Pour les écolos-sceptiques et autres affairistes sans scrupules, voici 3 gestes indispensables pour accélérer la dégradation du pays :

  • – Ne réfléchissez pas, usez et abusez de la terre et des ressources naturelles, des aires protégées, vendez, achetez autant que vous voulez tant que cela vous rapporte. Protection de la nature, environnement, biodiversité etc…À petite dose et seulement pour rassurer l’opinion  !
  • – Ne consommez que des produits importés ils sont tellement meilleurs et bon pour votre image. Consommer local? Pourquoi faire, ça fait ringard !
  • – Le pays se dégrade ? Rejetez la faute sur les autres et laissez les agir, dites leur que c’est la volonté divine. Après tout vous n’êtes pas responsable de la planète et ce n’est pas votre faute si le pays se détériore…

Ceci étant dit et blague mise à part, il y a de nos jours des initiatives extraordinaires émanant de citoyens et sociétés civiles qui chacun à leur niveau font bouger les lignes.

Dans le pays où tout se recycle, débrouillardise oblige, la green attitude est bien loin d’être un concept.

Ma règle d’or quand je suis à Madagascar (qui s’applique partout ailleurs) :

  • Consommer et acheter local autant que possible et si choix il y a, bio de préférence.

Je n’aurais peut-être pas fait la différence entre une pomme bourrée de pesticides et une pomme « normale » si je n’avais pas déjà goûté une bonne, j’aurais peut-être juste comparé le prix et décider en fonction. Mais le fait d’avoir eu ces moments privilégiés en campagne malgache, à goûter des fruits et des légumes non traités, a en quelque sorte éduquer mon palais.

Madagascar a tout pour devenir un paradis vert, à chacun d’y mettre du sien.

 

Pour plus d’infos (liste non-exhaustive)

L’association ASA qui fait un travail de réinsertion par la terre et le développement durable à Madagascar.

L’association Zoma, qui contribue au service du développement rural à Madagascar.

Les amis de père Pedro qu’on ne présente plus.

Prométhée Humanitaire, une association qui agit contre les exclusions en privilégiant particulièrement les enfants des rues de Madagascar, Sénégal, Haïti.

Beaucoup de projets de permaculture ont vu le jour à Madagascar :

Ecovillage Madagascar

AEVM, association de solidarité internationale autour de la permaculture 

Collectif pour la défense des terres malgaches – Tany

Conférence « Où va le monde ? » de Claude Bourguignon (ingénieur agronome, fondateur de LAMS 21, laboratoire d’analyse microbiologique des sols)  

 

 

 

 

3 Responses to “Madagascar et la green attitude”

  1. isa says:

    trop drôle! j’aime, surtout les 3 gestes… Na hoe concernée aza ny tena dia tsy hita loatra izay tena afaka atao @@ zao fotoana izao.

  2. BestAnja says:

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  3. kobancha team says:

    Bonjour Isa, efa ela ihany fa mbola d’actualité lay problème. Arakiny lazainay ao @ lay article dia tsy mila manao zavatra tsy vita na ngeza be fa geste kely samy hafa isan’andro no mampietsika ny situation.

Qu'en dites vous?

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