Prendre son temps…et si c’était rentable?

Prendre son temps…et si c’était rentable?

 

À l’ère où Google prépare le lancement de Google Duplex, un assistant numérique qui pourra prendre à votre place les rendez-vous de vives voix chez votre médecin, coiffeur, restaurant, parler de « moramora » fameuse expression malgache pour dire ralentir, fait presque image de provocation dans nos jungles urbaines.

Google assistant serait un outil numérique pour nous faire gagner du temps d’après les explications sur leur blog ! La numérisation des services c’est pas nouveau, la dernière fois où j’ai voulu réserver un restaurant à Paris, il fallait le faire sur un site et non par téléphone, pareil chez le coiffeur ! Beaucoup de médecins, salon de coiffures et autres n’ont plus de secrétariat depuis longtemps, tout se passe directement en ligne. Maintenant une voix artificielle va s’en charger!

Ce qui est sûr c’est que la technologie ne connaît ni le ralenti ni la crise, au contraire les avancées sont fulgurantes.

Pour autant n’avez vous pas remarqué que la notion du temps n’est pas pareille si vous êtes à Antananarivo, Hong Kong, New York, Sicile ou Mumbai et cela au delà du décalage horaire.

J’ai l’impression que le temps est plus souple à Madagascar ou en Sicile qu’à New York ou à Paris. Je ne parle pas de périodes de vacances, même en plein travail les ressentis sont différents d’un endroit à un autre.

kobancha ralentir new york

Times Square – NY
© seheno a.

Le côté positif du moramora

 

Bien que le terme « moramora » me donne un sentiment partagé, ben oui, un peu cliché pour les malgaches, j’ai choisi de le prendre du côté positif. Et cela dans le sens de prendre son temps, de lever le pied.

Est-ce que le mythe du flegmatisme insulaire est toujours d’actualité, en dehors des brochures d’agence de voyage?

Je ne saurais dire, peut-être une perception de ceux qui sont de passage et qui sont en mode vacances. Je ne peux pas dire que ma famille qui vit à Madagascar est en mode “lenteur” bien qu’elle soit loin de l’agitation des grandes villes occidentales.

Souvent pour les malgaches si ralenti il y a c’est souvent par la force des choses plutôt que par choix.

La proximité avec la nature et ses aléas fait qu’il y a un rythme organique qui s’impose à nous qu’on le veuille ou non.

Ça crée un certain sentiment de flegme, de tranquillité qui est ancré chez les malgaches. La survie au quotidien n’arrange pourtant pas la tâche, les soucis font que les gens ne sont pas occupés mais préoccupés. Néanmoins cette qualité persiste, alors on (re) trouve le temps, cette valeur immatérielle et on passe un moment vrai avec les autres sans peur du temps qui s’écoule.

Washington – outdoor
© seheno a.

Sommes-nous carencés en temps ?

 

« J’ai des milliards de choses à faire » « Vite fait parce que là j’ai pas beaucoup de temps » « non samedi ce ne sera pas possible je dois emmener la petite à la danse, le grand au basket… » « Il y a de la place dans trois mois…je vous inscris ? »

Pourquoi cette sensation de « carence en temps » ?

Nous avons toutes les raisons valables pour ne pas avoir du temps. Nous sommes embarqués dans ce rythme effréné qui nous fait oublier que nous avons aussi notre propre horloge interne à respecter, à écouter. Nous nous identifions facilement avec cette image d’homme/femme pressé.e qui court après le temps comme le lapin d’Alice et puis on nous a bien dit que le temps c’est de l’argent.

Parce qu’il faut quand même avouer que nous ne savons pas nous arrêter, nous poussons, poussons jusqu’à ce que notre corps nous fasse stop ! Peut-être y avait-il déjà des petits signes que nous avions mis de côté, peut-être que notre corps-esprit nous a envoyé des messages que nous avons occultés…Encore faut-il les entendre dans tout ce vacarme en et autour de nous.

Tiens, je m’imagine aller chez un thérapeute qui me dirait « vous êtes carencée en temps », voici votre ordonnance ! Et là suspens, qu’y aurait-il dans cette ordonnance?

Notre temps c’est notre richesse, nous avons besoin de reconsidérer nos priorités pour retrouver un certain équilibre et utiliser ce temps à bon escient.

route ambohimanga kobancha détente

Sur la route d’Ambohimanga
© seheno a.

L’art de prendre le temps de vivre

 

(Moramora / Ralentir / Slow life)

 

Dans notre société actuelle il y a cette tendance à vouloir tout, tout de suite, disponible 24h/7.

Lors de mon séjour en Inde en février dernier, je précise que ce n’était pas mon premier, j’ai été assez bluffée par le rythme de vie à Mumbai. C’est électrique, çà grouille de tous les côtés, vous pouvez être coincé des heures dans une voiture à cause des embouteillages et gagner du temps en prenant un rickshaw qui vous emmène par des raccourcis que vous ne pouvez même pas imaginer… Un soir où je cherchais un restaurant tard, j’avais demandé à la personne qui s’occupait de la maison où j’habitais si il avait un plan de restos ouverts dans le coin à cette heure là (23h). « Pourquoi vous embêter » m’avait-il répondu, « chez tel ou tel vous pouvez commander 24h sur 24, même à 3h du matin quelqu’un viendra vous livrer ! ».

Et ce n’est pas un cas isolé dans une mégapole comme Mumbai.

Pratique n’est-ce pas, pour les gens occupés, pressés, qui ne veulent pas perdre leur temps. Et non, je n’ai pas commandé ce soir là puisqu’il y avait encore plein de restaurants ouverts. Par curiosité je suis allée voir un de ces fameux take-away qui sert à toute heure. De l’extérieur cela ne ressemblait pas à un restaurant mais en s’y approchant un peu je voyais au moins six personnes qui s’affairaient dans une sorte de grande cuisine, préparant sans doute des plats pour des noctambules, des fêtards ou des « workaholic » et autres speci-men & women pour qui s’asseoir pour manger peut être une perte de temps.

Une autre anecdote que j’ai vécu récemment à Paris dans un magasin bio au rayon boulangerie.

Je me retrouve derrière une femme qui venait récupérer sa commande de pain. Apparemment il y avait eu un malentendu, le magasin n’avait pas enregistré sa demande à cause du jour férié. La vendeuse s’excuse, lui dit qu’elle ne pourra renvoyé une commande qu’après le week-end seulement et lui propose d’autres pains si elle ne peut pas attendre le lundi. La dame râle, sans lever la voix, disant que c’est dommage, comment se fait-il, il lui fallait ce pain etc. La vendeuse qui commence à s’impatienter continue quand même à lui dire qu’il y avait d’autres choix, certes pas la même marque mais tout aussi bon. L’échange continue et la vendeuse, légèrement agacée, finit même par dire ” madame, ce n’est peut-être pas la fin du monde! “. À quoi la dame rétorque « pour moi si!! ». À la place du pain elle prend du fromage et s’en va. La chute de cette scène m’est restée dans la tête toute la journée.

Que ce soit cette dame avec son histoire de pain ou ma soirée à Mumbai, notre rapport avec le temps et l’immédiateté sont façonnés par notre envrionnement et les choix qu’on nous propose. D’où cette impression que le monde s’écroule si nous n’obtenons pas ce que nous voulons tout de suite.

Nous ne nous rendons plus compte de nos réactions tant la société nous a habitué à avoir tout à portée de main à tout moment. Mais le prix à payer pour l’homme et l’environnement est considérable (burn-out, nourritures industrielles, déshumanisation des services et des rapports etc)

Qu’avons-nous à perdre en prenant notre temps? Au contraire nous avons tout a gagné, en commençant par un bien-être qui n’a pas de prix, une efficacité et une attention plus nette car moins de stress. L’énergie peut se régénérer, se renouveler, l’argent perdu être retrouvé mais le temps que vous perdez à vivre un rythme qui n’est pas le vôtre n’est pas renouvelable.

 

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Goa – café
© seheno a.

Il n’y a pas de meilleur moment

 

Vive les minis-moments!

 

En général nous nous autorisons à ralentir en période de vacances. Pour certains ce n’est jamais assez, pour d’autres le retour est encore plus fatiguant que l’aller, il y a ceux qui sont justes contents de visiter pleins de lieux touristiques sans être vraiment présent aux endroits et aux personnes autour d’eux ou ceux qui continuent à travailler même s’ils sont censés être en break. Vacances peut-être mais la satisfaction n’est pas toujours au rendez-vous !

Existe t-il un temps déterminé pour ralentir le rythme ? Peut-être que le souci c’est justement de reléguer ce moment à un plus tard assez vague, pensant qu’on aura plus de temps, au lieu de se donner des minis-moments à soi dans la journée, la semaine, le week-end, le syndrôme de la procrastination du bien-être.

Lever le pied n’est pas pour autant tout arrêter et tomber dans la paresse mais plutôt trouver la bonne cadence comme dans une belle pièce de musique ou de théâtre.

Comment être dans l’instant et avoir cette sensation d’étirement du temps ? Il s’est passé du temps mais vous ne l’avez pas senti. Et pas besoin de substances artificielles pour provoquer cela.

Pour les carencés en temps que nous sommes se créer notre bulle d’oxygène est nécessaire voire vital. C’est cette bulle qui recharge nos batteries et nous redonne l’énergie de continuer et d’accomplir ce que nous avons à faire sans être asphyxié par le rythme que nous dicte la société.

Prenez votre temps, en plus c’est rentable! Le fait d’être plus présent à vous-même vous rendra plus connecté aux autres et à la nature. Cela enrichira votre créativité et votre intuition. Vous serez encore plus inspiré et frais quand vous retournerez à votre travail ou votre activité. Essayez, vous verrez!

 

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Varanasi – Ganges
© seheno a.

3 très simples astuces pour ralentir le rythme

 

Mon expérience est liée à mon activité qui est la musique. Il y a des périodes d’intenses activités (tournée, enregistrements, répétitions…) et des périodes creuses. Et entre il faut “gérer”.

Ici je vais citer trois choses que je peux faire n’importe où quand j’ai besoin d’un break mais la liste est non-exhaustive. Ces instants pour soi, ces mini-moment ne nécessitent aucune organisation logistique et ne coûtent rien.

  1. – Se déconnecter des réseaux sociaux et internet, la télé aussi mais je n’en ai pas…Internet peut devenir vite chronophage donc à éviter dans les moments où on a besoin de ralentir.
  2. – Marcher dans la nature ou dans un grand parc si c’est en ville. Tout le monde ne vit pas à côté d’une forêt, de la mer ou de la montagne et un joli parc suffit pour une petite marche de 15mn, une demi-heure ou plus si le cœur vous en dis. Une marche silencieuse sans écouteurs dans les oreilles cela va sans dire.
  3. – Pratiquer une activité qui ne vous demande pas de ruminer vos pensées. Pour moi c’est le chant et pour cette situation précise j’utilise des sons, juste pour le plaisir comme une méditation. Le chant m’accompagne depuis que je suis petite ici il s’agit de pratique pour soi pas pour préparer un concert ou autres. Vous pouvez aussi chanter ou faire de la musique en famille ou avec vos amis. Ça marche avec le jardinage, la danse et tant d’autres réjouissances qui vous correspondent…

Et vous, est-ce qu’il y a des aspects de votre vie que vous souhaitez ralentir, des choses qui vous ont fait baisser le tempo? Que faites-vous pour prendre le temps? Merci de partager vos expériences.

 

Pour aller plus loin, il y a le Slow Movement, en commençant par le Slow Food créé par Carlo Petrini dans les années 80, le World Institute of Slowness de Geir Berthelsen créé en 1999, le fameux livre de Carl Honoré publié en 2004 “L”Éloge de la lenteur”, le mouvement des Colibris de Pierre Rabhi et plein d’autres encore…

Yoga pour le dos

Ma technique pour soulager le dos rapidement

(mis à jour le 16/05/18)

Il existe dans le hatha yoga différentes postures pour soulager le dos, celle-ci en fait partie. Je la pratique fréquemment et je ne peut en dire que du bien!

Ses bienfaits:

Bon pour les épaules, le dos, la taille…

  • Allongez- vous sur le dos (de préférence par terre sur un tapis), jambes allongées, bras tendus et écartés, paumes tournées vers le ciel.
  • Plier et ramener vos genoux au niveau de votre poitrine, vos cuisses au niveau de votre estomac, en faisant attention à ce que genoux et cuisses restent collés.
  • Inspirez complètement et tout en retenant votre respiration, soulevez légèrement votre hanche vers la droite pour que le genou droit repose sur le sol. En même temps tournez votre tête vers la gauche en posant votre menton sur votre épaule gauche.
  • Gardez bien vos épaules sur le sol et vos genoux ensemble.
  • Ramener vos genoux en haut au milieu et faites la même chose du côté gauche: genoux du côté gauche, tête et menton du côté droit.
  • Répétez le mouvement tant que vous pouvez retenir votre respiration en alternant du côté droit et gauche.
  • À la fin, expirez et revenez à votre position initiale, jambes allongées.

Si vous n’arrivez pas à poser les genoux sur le sol du premier coup, ne vous forcez pas, vous y arriverez en pratiquant.

Cet exercice se fait n’importe où, le matin le ventre vide ou quelques heures après le repas.

(Les informations présentées ici ne visent pas à remplacer les conseils de votre médecin et ne s’y substituent pas.)

Koba, gâteau de riz aux pistaches

Le koba ou kobandravina viendrait d’Ambatomanga.

C’est un des rares desserts malgaches. Ce gâteau de riz aux pistaches ou aux cacahuètes enrobé dans des feuilles de bananier se vend généralement dans les marchés, sur un étal.

II peut être consommé en dessert ou en goûter. Cependant étant donné sa haute teneur en calories, nous vous recommendons de le déguster en dehors des repas avec un bon thé !

Pour faire un kobandravina de 25cm de long pour 10 personnes, vous aurez besoin d’un peu de temps (oui, le koba demande de l’attention) et de :

  • 10kg de cacahuètes ou pistaches
  • 5kg de farine de riz
  • 5kg de sucre de canne complet , à ajuster selon le goût que vous voulez avoir
  • Des feuilles de bananier et longozo pour l’emballage
  • Une grande marmite pour le bain marie

Griller les pistaches et les piler grossièrement avec un peu de sucre

Mélanger dans un grand récipient la farine de riz, le reste de sucre et de l’eau jusqu’à l’obtention d’une pâte liquide épaisse

Passer légèrement les feuilles de bananier au feu

Déposer la pâte de riz puis les pistaches pilées sur les feuilles de bananier, de sorte que les pistaches soient au centre

Envelopper et ficeler

Mettre dans la marmite, recouvrir d’eau

Laisser cuire à feu doux pendant 24h en veillant à ce que le koba soit recouvert d’eau durant la cuisson

Nous avons choisi ici de partager avec vous la recette du koba qui se vend au marché, il y a toutefois d’autres recettes (à la banane etc…) plus simple à réaliser.  N’hésitez pas à nous faire part de vos découvertes!

Visiter Antsirabe en 1 jour, ce n’est pas assez

Antsirabe ville- Rida A.

(mise à jour 17/05/18)

Antsirabe, un havre de paix

Quand je suis à Madagascar pour un court séjour, faire une halte à Antsirabe est un must! Un jour ce n’est pas assez, un week-end c’est encore mieux.

Situé à environ 167 km d’Antananarivo par la RN7, Antsirabe est un peu la petite sœur d’Antananarivo la capitale, mais en plus tranquille avec en prime peu d’embouteillages!

Le mélange entre des paysages spécifiques des hautes terres et des anciens vestiges coloniaux du 19ème siècle donne un charme particulier à cette ville.

La meilleure façon de la découvrir est en randonnée ou en VTT.

Munissez-vous de bonnes chaussures et goûtez à la vie rurale et campagnarde à travers les différentes balades que vous offre Antsirabe et ses environs.

Ce n’est pas là que vous trouverez les animaux endémiques, les parcs nationaux et les circuits balnéaires mais d’autre chose toute aussi intéressante vous attende !

Les artisans et leurs ateliers, les architectures héritées des norvégiens, les grandes allées aérées et verdoyantes, les fameux marché d’Asabotsy (un des plus grands marché à ciel ouvert de Madagascar, environ 4,5ha) et celui plus modeste d’Antsenakely.

Si vous voulez tâter le pouls de la ville, le marché est le bon endroit pour cela. J’étais avec la famille quand j’y étais la dernière fois. Nous recherchions du vahoana (aloé) frais. Les senteurs des fruits et le kaléidoscope de couleurs sur les étales artisanales étaient irrésistibles, maintenant j’y vais rien que pour me rincer les yeux ! Le marché est organisé par secteur, vous ne risquez pas de vous perdre.

antsirabe sabotsy marché kobancha

Au marché – Antsirabe
© seheno a.

Je trouve dommage que l’ancienne gare soit fermée. Les trains ne passent plus mais ce bâtiment avec son architecture coloniale mériterait d’être recyclée et d’avoir une nouvelle vie (opinion qui n’engage que moi).

Les nuits dans ces hautes terres peuvent être douces voire froides en période d’hiver (juillet – août). Ne vous laissez donc pas surprendre !

Si vous êtes intéressé par l’artisanat, ne manquez pas de visiter les ateliers des artisans. J’avoue que leur travail me fascine, les voir à l’œuvre est toujours enrichissant et cela permet aussi d’acheter directement aux producteurs. C’est un moyen de participer à une sorte de tourisme solidaire.

Et si comme moi vous êtes une amatrice de pierres, faire un petit détour au Cercle Mess, un ancien bâtiment militaire qui abrite une trentaine d’échoppes de pierres taillées, est indispensable. Vous pourrez peut-être y trouver votre bonheur…si la saison le permet.

L’hôtel des Thermes et son grand parc font partie des vestiges de la ville. Il existe depuis 1896 et sa réputation et son histoire sont liées au séjour du roi du Maroc Mohamed V lors de son exil dans les années 50. Le bâtiment en lui-même vaut le coup d’œil !

Mon petit tour passe par le lac volcanique Tritriva. Connu pour être sacré et qui abrite l’histoire mythique de deux amants Rabeniomby et Ravolahanta qui s’y sont donnés la mort.

lac tritriva kobancha antsirabe

Lac Tritriva – Bernard Gagnon

Il faut faire tout le tour pour avoir une idée de sa splendeur. L’accès est un peu chaotique et les vendeurs peuvent être insistants mais cela n’enlève en rien la beauté de ce lac mystérieux qui vaut vraiment le détour ! Un petit bémol cependant concernant les déchets sur le chemin autour du lac, ville propre où es-tuuu ?

À Antsirabe et ses alentours les magnifiques paysages de la campagne, les abondantes rizières disposées en plateaux sur le chemin de Betafo (village à une vingtaine de kilomètres d’Antsirabe) donnent une façon de voir et connaître les autochtones autrement.

Antsirabe Betafo
© seheno a.

Quelques idées pratiques pour votre séjour:

 

  • Où séjourner?

Guest house, Landhaus, le Jardin Kokoa

Hôtel, la Rose des Vents, hôtel des Thermes…

  • Où manger?

Le Pousse-pousse, Arotel, Chez Jenny

Les mofo-anana (beignets aux brèdes) de certains vendeurs de rues sont très bons, c’est frit oui, oui, oui, donc oubliez votre diète pour un jour…

  • Où sortir?

Village et eaux chaudes de Betafo, lacs d’Andraikiba et Tritriva, visite des ateliers artisanaux (broderie, confiserie, travail de la corne de zebu), visite des cathédrales et leur architecture.

Le golf club d’Antsirabe pour les amoureux de golf

  • En soirée?

Restaurant Razafimamonjy pour les soirées cabarets, l’Alliance française pour les concerts…la vie nocturne n’est pas très riche en général.

 

Si vous avez des bons plans ou des anecdotes à partager sur Antsirabe, nous serons ravis de vous lire !

Madagascar et la green attitude

Green, développement durable, bio, biodiversité, commerce équitable, écologie

 

(mise à jour 18/05/18)

Où en sommes-nous depuis 2010 où j’avais écris un post sur ces sujets…

Aux yeux du malgache lambda, ces termes peuvent paraître un peu abstrait. On peut ne pas se sentir concerné quand on lutte au quotidien, mais demain n’est que le résultat de nos actions aujourd’hui.

J’ai moi-même développé ma conscience « écologique » en France. Je m’explique, quand je vivais à Mada et que par exemple j’allais à la campagne avec mon père, cueillir des avocats, des mangues, des nèfles etc…me paraissait normal. Quand nous discutions avec les paysans agriculteurs du village qui nous montraient leur récolte de riz, de brèdes ou de patates douces, acheter auprès d’eux était commun et il n’y avait pas de labellisation ou d’étiquette à mettre dessus, c’était comme çà, point. Dans ma tête de gosse, c’était la norme. Vous pouvez imaginer l’atterrissage en France notamment quand je débarque chez un marchand de fruits et légumes et que je commence à sniffer une pomme toute brillante mais qui n’a aucune d’odeur ! Heureusement il y avait les maraîchers bios ! Avec eux j’ai pu retrouver cette joie simple de manger des fruits de saison qui sont goûteux.

kobancha fruits exotiques madagascar

Fruits de Madagascar
© seheno a.

On parle beaucoup dans les médias de l’écologie, du bio, du développement durable. La surmédiatisation de ces sujets peut finir par lasser mais pour une fois je trouve que c’est nécessaire, oui, pour que nous comprenions ce qui est en jeu. Et au vu des différents scandales liés à l’industrie agro-alimentaire il est temps de prendre acte. Au final le choix est entre nos mains.

Certes il n’y a pas de monde parfait mais si on peut éviter de s’empoisonner plus et d’empoisonner nos enfants avec, la terre nous remerciera et les générations futures aussi.

La première fois que j’ai vu la canette verte de Coca-Cola life ou de son concurrent Pepsi je m’étais arrêtée pour lire ce qu’il y avait dedans. Je ne vais pas parler ici des effets sur le corps de la (sur) consommation de sodas, ce n’est pas le propos. Ils mettent donc bien en avant la présence d’édulcorant « naturel » dans les ingrédients. Je m’étais demandée comment croire que ce sont des produits « verts» ou « naturels » même si c’est à base de stévia puisqu’il faut rajouter…du sucre pour masquer le goût réglisse de la stévia ! Il ne manque plus que la mention boisson saine et le tour est joué.

Hellville, Nosy Be – © seheno a.

A Madagascar les préoccupations quotidiennes sont bien loin de toute cette agitation et pourtant les sodas et les jus importés (ou pas) commencent à arriver sur les tables des ménages. Il n’y a pas encore de mal bouffe avérée (plutôt malnutrition) mais la situation est-elle bien différente ? La globalisation avec ses lots de misères et de bienfaits frappe à la porte.

Deuxième réserve de la biodiversité mondiale, une terre riche où tout pousse et paradoxalement un des pays les plus pauvre au monde. J’ai envie de dire « non mais t’es sérieux là» ?? À qui profite cette richesse ?

Accaparement des terres, déboisement, culture sur brûlis, vente illicite des ressources naturelles, concession douteuse et j’en passe…

Parfois nous ne voyons pas le trésor qui est devant nos yeux, et nous sommes choqués quand ce sont les autres qui en jouissent.

Madagascar Kobancha Andasibe Forêt

Forêt primaire Andasibe
© seheno a.

Pour les écolos-sceptiques et autres affairistes sans scrupules, voici 3 gestes indispensables pour accélérer la dégradation du pays :

  • Ne réfléchissez pas, usez et utilisez la terre et les ressources naturelles protégées, vendez, achetez autant que vous voulez tant que cela vous rapporte. Protection de la nature, environnement, biodiversité, pauvreté etc…Connaît pas !
  • Ne consommez que des produits importés ils sont tellement meilleurs et bon pour votre image. Consommer local, pourquoi faire, ça fait ringard !
  • Le pays se dégrade ? Rejetez la faute sur les autres et laissez les agir, dites leur que c’est la volonté divine. Après tout vous n’êtes pas responsable de la planète et ce n’est pas votre faute si le pays se détériore…

Ceci étant dit et blague mise à part, il y a de nos jours des initiatives extraordinaires émanant de citoyens et sociétés civiles qui chacun à leur niveau font bouger les lignes.

Dans le pays où tout se recycle, débrouillardise oblige, la green attitude est loin d’être un concept.

Ma règle d’or quand je suis à Madagascar (qui s’applique ailleurs aussi) :

  • Consommer et acheter local autant que possible et si choix il y a, bio de préférence.

Je n’aurais peut-être pas fait la différence entre une pomme bourrée de pesticides et une pomme « normale » si je n’avais pas déjà goûté une bonne, j’aurais peut-être juste comparé le prix et décider en fonction. Mais le fait d’avoir eu ces moments privilégiés en campagne malgache, à goûter des fruits et des légumes non traités, a en quelque sorte éduquer mon palais.

Madagascar a tout pour devenir un paradis vert, à chacun d’y mettre du sien.

 

Pour plus d’infos (liste non-exhaustive)

L’association ASA qui fait un travail de réinsertion par la terre et le développement durable à Madagascar.

L’association Zoma, qui contribue au service du développement rural à Madagascar.

Les amis de père Pedro qu’on ne présente plus.

Prométhée Humanitaire, une association qui agit contre les exclusions en privilégiant particulièrement les enfants des rues de Madagascar, Sénégal, Haïti.

Beaucoup de projets de permaculture ont vu le jour à Madagascar :

Ecovillage Madagascar

AEVM, association de solidarité internationale autour de la permaculture 

Collectif pour la défense des terres malgaches – Tany

Conférence « Où va le monde ? » de Claude Bourguignon (ingénieur agronome, fondateur de LAMS 21, laboratoire d’analyse microbiologique des sols)